Saturday, April 18th, 2009 | Author:

Après la première journée du Water Festival, nous avons décidé, comme prévu dès le départ, d’aller faire une randonnée dans la jungle. D’après les guides, trois bars proposent ce genre de randonnées à travers la jungle. Autant le Forest Café que le Mekong Café n’existent apparemment plus, nous nous sommes rabattu sur le dernier café, le Mei Mei Café.
Rassemblé autour d’une bière avec le Canadian, le Sovoyard et mon collègue, nous avons décidé de partir 2 jours / 1 nuit. Quelques noms en chinois de villages à traverser sur un bout de papier et nous étions prêt.

Le lendemain matin, départ en bus pour Mengshuo, à une petite heure de route. Sur place, attente de deux heures obligatoire, puisque l’unique bus journalier pour Damenglong part à midi. Sans le savoir, ce village sera le début d’une multitude de rencontres, les toutes plus incroyables les unes que les autres. Petit tour rapide du village entre poules, cochons et chiens en liberté, des villageois qui nous regardent comme des extra-terrestres venu d’ailleurs. Puis sieste au coin du temple en attendant midi. Au retour, une vieille femme, qui n’avait pas vu d’occidentaux depuis bien des années, sort du coin d’une rue pour venir nous dire bonjour, nous toucher (comme si on était ses enfants), essayer de nus parler dans son dialecte chinois. Un moment unique à vivre, tellement le bonheur de cette vieille femme était fort…un moment je ne suis pas prêt d’oublier  !

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A Damenglong, départ pour la randonnée à travers la jungle, et puis quelques kilomètres plus tard, nous nous retrouvons déjà perdu ! Impossible de trouver son chemin, même après chercher pendant presque 2 heures, la jungle est beaucoup trop dense. Au retour au village, un peu désespéré quand même, nous rencontrons un local, qui nous propose de nous amener à destination, Ya Kou.
Deux heures plus tard, après une marche soutenue entre arbres, fougères et moutisques, nous arrivons à Ya Kou. Vu l’heure, notre guide du jour nous recommande de dormir sur place, chez les locaux. Ya Kou, un village perdu (difficile de s’imaginer un endroit pareil en Europe…), où les gens vivaient en autarice il y a quelques années encore, avant que la governement chinois passe par là.

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Petit tour du village, où nous demandons l’hospitalité à un paysan et sa femme. Il nous invite à prendre un verre dans sa maison sur pilotis, une grande maison toute en bois, mais très basique (un peu comme au moyen âge). Un premier thé offert entre poules, chats et chiens. La communication est quasie inexistante, seul un livre anglais – chinois nous permet de tenter quelques mots.
Puis arrivent, le fils, avec sa petite fille, ainsi que d’autres gens du village, apparemment très intrigués par notre passage.

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Quelques instants plus tard, le fils commence à préparer à manger, aidé par la femme du paysan. Puis le fils revient avec une poule vivante, trouvée parmis les nombreuses poules en liberté autour de la maison. Il la tend à son père. Le paysan sort une sorte de machette, et là, je me dis, on ne vit pas à la même époque…je réalise que le repas du soir sera du poulet. Même pas le temps d’y penser que la paysan égorge la poule, vivante, devant moi, tout en récupérant le sang de celle-ci (qui servira pour la sauce par la suite) !

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N’imaginez pas un poulet comme chez nous, c’est un peu comme dans le cochon, tout est bon dans le poulet chiniois. Et je peux vous assurer, il n’y a simplement rien à manger, entre cartilages et morceaux d’os, il faut vraiment le chercher le petit morceau de viande. Heureusement qu’il y a toujours du riz en grande quantité !

Une soirée sympatique suivi le repas, entre poker à la chinoise (une sorte de trou du cul de chez nous) et alcool local, le Baijiu. Après quelques verres, tout le monde parlait chinois…les deux Français en tête. En fin de soirée, le paysan et moi-même avons même eu le droit à la Marseillaise, c’est dire (je vous laisse imaginer l’état des chanteurs du moment…)

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Réveil à 6 heures, très difficile pour certain…le paysan s’est réveillé 5 minutes sur demande de sa femme pour aller chez quelques oeufs, puis il est retourné se coucher. Il avait définitivement trop bu le soir d’avant !

Au programme de la journée, 8 à 9 heures de marche (en réalité, nous l’avons fait en 5 heures, mais à rythme soutenu) sous un soleil de plomb à destination de Bulangshan. La randonnée en elle-même n’est vraiment pas extraordinaire, mais le fait de traverser de petits villages rend la randonnée une expérience de vie inoubliable. Dans chaque village, des dizains d’enfants s’amusant à s’arroser (c’est comme ca qu’on fête la nouvelle année là-bas). Et comme vous pouvez l’imaginer, les occidentaux ne passent pas inaperçus dans ces petits villages. Alors si en plus, c’est le jour du nouveau an, c’est la folie…les gamins nous prennent pour cible, pas moyen d’y échapper. Mais c’est unique, voir des enfants, heureux de nous voir (et aussi, surtout, de nos arroser), c’est un sacré moment ! Que du bonheur comme dirait certain !

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Après 5 heures de marche, première grosse surprise, un point contrôle de l’armée chinoise. Impossible de passer, les étrangers sont interdits de passage. Il faut rappeler que la randonnée longeait la frontière avec la Birmanie (un des gros producteurs d’opium).
Mais heureusement, après plusieurs minutes d’attente pendant qu’un militaire chinois préparait un remède local contre la brulûre du Candian (il a quand même réussi à se brûler avec du thé…), on apprend qu’on peut, finalement, passer. A mon avis, nos différentes nationalités (surtout qu’un Suisse soit présent 🙂 ont joué en notre faveur. Mais pour les lecteurs intéressés par cette randonnée, ce point de contrôle la rend simplement impossible. Si vous voulez quand même tenter le coup, sachez que le premier bus est à Damenglong, notre point de départ, à plus de 10 heures de marche !

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Arrivé à Bulanghan, j’apprends qu’il y a pas de bus avant le lendemain matin (c’était plus ou moins prévu comme cela), mais je n’avais qu’une seule envie : retourner à Jinghong ! Après une bonne heure à galérer pour essayer de trouver un transport, nous sommes finalement tombés sur un 4×4, conduit par des négociants en thé. Il faut savoir que la région du Xishuangbanna est mondialement connue pour la qualité de son thé.

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Après plusieurs heures dans différents villages, où nous avons été invité à mainte reprise, nous sommes finalement arrivé à Jinghong, tard dans la soirée. Ce voyage, au coeur des minorités Dai, je ne l’oublirais jamais. Des souvenirs plein la tête !

Category: China, World Tour
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  1. […] did not have time to go to the north of Laos, where you can stay in small villages, as I did it in China or Burma. But I can not do everything, I need to make choices. And this time, I have to be in Hanoi […]

  2. […] Et là, je découvre la vie des Cambodgiens et je retrouve la sensation que j’avais eu dans les endroits reculés du sud de la Chine, lors de ma croisière dans le délta du Mékong ou alors durant tout mon séjour en Birmanie. Une […]

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