Après quelques discussions et longues recherches dans nos guides de voyage respectifs, nous avons décidé de partir sur les traces des chasseurs de tête (appelés HeadHunters en anglais). Une randonnée connue, en Malaisie orientale (la capitale Kuala Lumpur se trouvant en Malaisie péninsulaire), sur l’île de Bornéo.
Bornéo, une île immense (la 3ème plus grande île au monde), est recouverte principalement de jungle. Deux pays se partagent l’île, la Malaisie et l’Indonésie. Du côté malais, il existe deux régions : le Sarawack et le Sabah. La première est un état semi-indépendant, alors que la seconde fait partie intégrante de la Malaisie.
Départ depuis Kuala Lumpur à destination de Miri, l’une des principales villes du Sarawack pour une première escale, puis vers Mulu afin de rejoindre l’entrée du parc national de Gunung Mulu. La piste d’attérisage ressemble à celle d’un aérodrome, mais en pleine jungle. Petite photo pour l’occasion avec mon frère, toujours de la partie pour encore quelques jours.
A peine arrivé qu’il fallait rapidement rejoindre les bureaux du parc afin de confirmer notre départ. Sur place, nous avons recontré deux autres français (Xavier et Christelle, aussi intéressé par le randonnée HeadHunters). Après de longues discussions, nous avons réussi à nous mettre d’accord pour partir le lendemain matin. J’aimerais remercier au passage Nur pour tous ses bons conseils !
Jour 1
Départ depuis les bureaux du parc pour une première croisière en pirogue de 3 heures afin d’y visiter respectivement deux grottes, Wind Cave et Clearwater Cave, parmi les plus grandes d’Asie du Sud-Est.
Pendant que le reste de l’Asie du Sud-Est est sous l’eau pour cause de saison des pluies, l’île de Bornéo manque d’eau à cause de la saison sèche. Cela se voit au niveau des rivières, surtout lorsqu’on navigue en pirogue. Il faut continuellement descendre du bateau pour le pousser lorsque le niveau de l’eau est trop bas. Contrairement aux autres membres du bateau, j’ai toujours donné un coup de main, parfois même au détriment de mes pieds.
L’après-midi, une première randonnée de 8 km sur le sentier de Melinau mène au camp 5, un campement pour environ 50 personnes. Randonnée assez facile à travers la jungle bouclée en moins de 2 heures, en 1h43 pour être exact.
Jour 2
Le camp 5 sert de base pour les fameuses Pinnacles, une sorte de forêt d’aiguilles de calcaire à environ 1’200 mètres d’altitute. Le camp 5 se trouvant au niveau de la mer, voir peut-être quelques dizaines de mètres au-dessus, cela nous fait un dénivelé d’envion 1’100 mètres à gravir. A première vue, ça paraît facile, mais c’est sans connaître le distance à parcourir pour arriver au sommet : 2.4 km. Je vous laisse donc faire le calcul de la pente !
Plus de 2 heures de montée sur un terrain très très escarpé, avec un final qui ressemble plus à de l’escalade qu’à une randonnée. Au sommet, ces fameuses Pinnacles apparaissent enfin !
Le décor ne vaut clairement pas la Stone Forest de Kunming en Chine, mais la randonnée est vraiment d’un très bon niveau. Petite pause au sommet afin de reprendre des forces, puis vient la partie la plus difficile : la descente. Grimper c’est toujours plus facile, surtout lorsque le terrain est glissant. Ajouter à cela la force physique déjà bien amoindrie par la montée, vous pouvez imaginer l’effort que demande la descente.
J’aimerais tirer un grand coup de chapeau à mon frère, qui a vraiment bien galéré (l’abandon n’était vraiment pas loin) dans la montée pendant plus de 2 heures…sa condition physique n’étant pas optimale comme elle put l’être par le passé (surtout lorsqu’on remplace le sport par des soirées arrosées).
De mon côté, la descente a été faite avec une Suisse-Italienne à un rythme très rapide. Un sacré challenage, surtout lorsque j’ai appris (mais seulement APRES) qu’elle pratiquait la montagne tous les weekends. Mes cuisses, encore au moment d’écrire ces lignes (soit plus de 4 jours après), me font mal.
A peine midi passé que j’étais de retour au camp 5, une sacrée performance, surtout lorsque je repense à l’heure de retour du groupe du jour d’avant (vers 17h, dans un état physique proche de l’agonie).
Jour 3
Nouvelle randonnée à travers la jungle profonde de plus de 11 km, sur les traces des chasseurs de tête (je vous rassure, il n’est plus possible d’en voir, donc de se faire couper la tête) : quelques rares sangsues (merci la saison sèche) et un magnifique pont de corde.
Après un peu moins de trois heures, on rejoint une rivière (nommée Sungai Terikan) afin d’y prendre un bateau. Et là, une mauvaise surprise nous attendait : des centaines d’abeilles sauvages volaient autour du bateau, en quête de sueur. Autant dire qu’après 3 heures de marche intense dans une jungle humide, la sueur était bien présente sur chacun de nous.
Mais après ce moment difficile, c’était le début d’une croisière en pirogue sur la rivière, dont le niveau de l’eau était au plus bas. Plus de 4 heures à pousser la pirogue, cette fois-ci, tous ensemble. Des paysages superbes au milieu de la jungle, sans personne : j’avais l’impression d’être seul au monde, une sensation exceptionnelle.
A force de pousser la pirogue (soit depuis l’intérieur avec un baton, soit depuis l’extérieur), Xavier (qui au passage voyage depuis plus d’une année, et pour encore quelques mois grâce à une grosse prime de licenciement) s’est découvert une nouvelle vocation : frontmen ! Mais qu’est-ce qu’un frontmen au fait ? C’est le gars qui aide le conducteur dans les moments difficiles : manque d’eau, rapides, … Après Laurent en tant que négociant de thé dans le Yunnan, voici Xavier en frontmen sur les rivières de Bornéo !
En fin d’après-midi, après plus de 4 heures de bateau, nous sommes arrivés dans un petit village, afin d’y passer la nuit. Une petite photo de l’équipe, presque au complet (manquait que Christelle) :
Une fois invité par le chef (comme il est coutume de faire), nous avons passé la nuit au sein d’une longhouse. Une sorte de très grande maison, où plusieurs familles vivent sous le même toit, mais dans des appartements séparés, avec le hall d’entrée comme pièce commune.
Des moments inoubliables (la montée vers les Pinnacles, l’état de mes cuisses une fois redescendu, croisière en pirogue), mais aussi quelques points négatifs : les touristes. Saison sèche et vacances scolaires obligent, beaucoup de monde dans ce parc national, surtout lors de la première partie (les Pinnacles). Le camp 5 est complet jusqu’à fin août, et il peut acceuillir 50 personnes.
Idem dans la longhouse, où les familles sortent uniquement pour vous vendre des souvenirs…
Et pour finir, quelques conseils :
- Chacun doit emporter sa nourriture pour 4 jours avec lui, ce qu’il n’est indiqué nulle part, y compris dans les guides de voyage (Lonely Planet). Une fois arrivée à Mulu, très peu de choix de nourriture, et surtout des prix exorbitants. Penser à en acheter à Miri (passage presque obligé pour arriver à Mulu), si vous voulez pas manger des pâtes au riz pendant plusieurs jours…
- Beaucoup d’insectes, de jour comme de nuit. La journée, des centaines d’abeilles sauvages en quête non pas, comme chez nous, de sucre, mais de votre sueur. Douche fortement recommadée après l’effort. La nuit, moustiquaire et produits anti-moustiques obligatoirent !
Et un de mes meilleurs clichés :
Wednesday, 19. August 2009
J’ai reçu ta carte postale !! Merci c’est très sympa de ta part