Thursday, September 03rd, 2009 | Author:

Quelques jours seulement après le Mt Ishizuchi, je ne pouvais pas partir du Japon sans faire l’ascension du célébrisime mont Fuji (Fujisan en japonais), le point culminant du Japon ! A peine arrivé à Tokyo après une longue route d’une journée depuis Osaka, j’ai décidé de réserver mon bus pour me rendre le lendemain matin au pied du mont Fuji.
Mais cette fois-ci, la difficulté n’était pas à la même. Le sommet culmine a pratiquement 4’000 mètres ! Un nouveau volcan a mon actif, car cette montagne est en faite un volcan, toujours considéré comme actif, même si la dernière éruption s’est produite en 1707, il y a plus de 300 ans !

Le mont Fuji est divisé en 10 stations, répartit tout au long du trajet. Il est possible de faire la montée (ce que j’aurais aimé faire…) en partant de tout en bas, ce qui demande une très bonne condition physique, mais aussi une bonne météo. Et comme on dit jamais deux (Mt Hallasan et Mt Ishizuchi) sans trois, encore une fois, du brouillard et quelques averses. La chance est définitivement pas avec moi au niveau des conditions météorologiques, mais qu’importe, la motivation était là !

A peine arrivé à mi-journée à la 5ème station (dernière station accessible par la route) à environ 2’100 mètres d’altitude que je décide d’attaquer l’ascension, car 5 heures de marche m’attendait.

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J’ai décidé de prendre mon backpack (dont le poids est d’environ 20 kg) avec moi. La raison est assez simple : j’ai besoin d’entrainement avec au moins 15 kg sur le dos en vue de prochaines randonnées de plusieurs jours. Et l’ascension du mont Fuji était une aubaine. Mais à ce moment-là, je me suis peut-être un peu surestimé…

Jusqu’à la 7ème station, le chemin est très rocailleux, mais large. On reconnait bien les pentes des volcans. Mais ensuite, cela se corse. Le chemin devient plus étroit, toujours aussi rocailleux et la pente plus raide. Et surtout l’altitude commence à se faire sentir, on approche les 3’000 mètres.

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Trois admiratrices japonaises, grimpant aussi en solitaire (ce qui pas common, les asiatiques aimant bien faire partit de groupes), me rappelle que je suis bien au Japon, mais que surtout j’ai mon drapeau suisse au fond de mon sac, drapeau que je n’avais complétement oublié.

Un peu avant la 8ème station, les premières hutes commencent à apparaître, des petites cabanes de montagne où il est possible d’y passer la nuit. Durant la haute saison (juillet – août) et par beau temps, il n’est pas rare de voir des randonneurs monter à la frontale durant la nuit afin de découvrir le levé du soleil. Mais par mauvais temps, la majorité des gens dorment dans ces hutes, une température proche du 0 degré étant monnaie courante.
Quelques éléments extérieurs me rappellent aussi que la neige était présente il y a encore quelques jours, lors du passage du typhon.

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Regardez bien le bonhomme de neige, il cache une boisson très appréciée des Japonais (et pas seulement d’eux), mais à cette altitude, ce n’est pas recommandé…

Vers 16h30, j’arrive à ma hute, la dernière avant le sommet, cituée entre la 8ème et la 9ème station. Avec mes compagnons de route du jour (deux Américains, dont l’un est captaine et pilote d’hélicoptère dans l’armée américaine, basée à Okinawa, célèbre base américaine datant de la 2ème guerre mondiale), nous sommes les premiers, alors que quelques heures plus tôt, nous étions parmi les derniers à commencer l’ascension.

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Fatigué, mais tellement content d’être arrivé après plus 1’200 mètres d’acension et 3 heures de marche intensive, je profite pour respirer un peu d’oxygène, ce qui manque le plus à mon organisme.
Après discussion avec mes compagnons du jour, nous décidons de continuer jusqu’au sommet, comme si la fatigue avait disparue (alors que justement, après quelques dizaines de minutes, elle se faisait encore plus présente) et contre l’avis du responsable de hute. Notre espoir était que le ciel se dégage d’ici le sommet, afin d’y découvrir le couché du soleil. Juste avant de partit, le responsable ne pouvant pas interdire de continuer l’ascension, il nous avertit qu’une frontale est indipensable, la nuit tombant très rapidement apès le couché du soleil. Nous étions avertit, le retour se fera de nuit, à la frontale !

C’est donc partit pour une nouvelle heure de marche, sur un sentier raide et très étroit. Malgré ces conditions, le rythme est encore plus soutenu, le couché du soleil étant notre but final !

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Quelques courtes pauses afin d’y respirer le peu d’oxygène restant dans l’air et essayant dès que possible de détendre un peu mes épaules, le sac étant clairement beaucoup trop lourd pour ce genre d’efforts physiques.

Dès les derniers mètres, en plus d’une température hivernale, un fort vent se faisait sentir. Pour la première fois depuis mon départ, je pouvais utiliser ma veste thermique, justement faite pour ce genre de condition.
Arrivé au sommet, à ma plus grande surprise, je découvre un décort de rêve : je suis au-dessus des nuages, comme dans rêve devenu réalité, après plus de 4 heures de marche et 1’500 mètres de dénivelé positif !

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Je découvre aussi la preuve que le mont Fuji est un volcan : un immense cratère, où la glace est présente à certains endroits.

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Je profite d’être au dessus des nuages, à presque 4’000 mètres d’altitude pour immortaliser ce moment magique de plusieurs manières, dont une photo avec mon drapeau suisse retrouvé et une avec mes compagnons du jour.

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Puis c’est au tour du soleil de se retirer, pour m’offrir un des plus beaux couchés de soleil à laquelle j’ai eu la chance d’assister (j’ai toujours dans ma mémoire ce superbe couché en Nouvelle-Zélande). Admirer plutôt, cela se passe de commentaires…

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Que dire de plus…la descente jusqu’à la hute s’est faite, comme prévue, à la frontale, dans un état de fatigue extrême et avec un important mal de tête, dû au manque d’oxygène, et surtout à mon sac à dos où l’effort physique nécessaire a été énorme.
Le lendemain matin, la descente s’est faite au pas de course, un défit mutuellement lancé par mes compagnons et moi-même. Autant dire que les Japonais n’ont (toujours) pas compris comment c’était possible (mais qu’il se rassure, je n’ai aussi toujours pas compris comme j’ai réussi cet exploit).

Pour l’anecdote, juste avant d’arriver en bas, en dépassant un Allemand, il m’a soufflé à l’oreille “Did you climb with your backpack ?” d’un ton des plus étonnés. J’ai juste eu le temps de répondre “Yes, I did it” avant de continuer ma course jusqu’à la 5ème station.

Au final, c’est une expérience inoubliable, des instants magiques et une sacrée performance, qui j’en suis convaincu, me sera utile pour mes prochaines randonnées !

Category: Japan, World Tour
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No Responses

  1. Magnifiques, ces photos ! Je suis certain que tu ne regrettes pas toutes ces ascensions, même avec autant de poids sur le dos… T’es fou, diraient certains… Je dis que tu aimes ce que tu fais, et c’est le plus beau cadeau que tu puisses te faire !

  2. 2
    Thal 

    As-tu déjà lu “Ni d’Eve ni d’Adam” d’Amélie Nothomb? Si mes souvenirs sont bons, l’héroïne dévale la pente du Mt-Fuji en courant également…

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