Monday, November 16th, 2009 | Author:

Après un échec avec la randonnée Routeburn Track, j’ai voulu retenté le coup avec une seconde randonnée alpine, Kepler Track. Nouvelle randonnée, mais aussi nouveau parc national : Fiorland National Park. Contrairement à Routeburn Track, qui traverse les régions alpines de Mount Aspiring National Park, Kepler Track se trouve dans le Fiorland, une région très connue pour Milford Sound, une des destinations les plus touristiques de Nouvelle-Zélande, si ce n’est la plus touristique. Comme la majorité des Great Walks (les randonnées les plus populaires de Nouvelle-Zélande), la randonnée se fait en 4 jours et 3 nuits.

# Jour 1

En partant de mon auberge de jeunesse, je rencontre deux autres filles, rencontrées le jour précédent dans cette même auberge de jeunesse. Première (bonne) surprise de la journée : je ne serai pas seul à marcher, puisqu’elles ont aussi décidé de faire la même randonnée que moi. Saara, une Finlandaise, est en vacances pour quelques semaines en Nouvelle-Zélande, alors que Cristina, une Espagnole, vient de finir son école d’anglais à Christchurch, et a décidé de voyager avant de rentrer en Espagne. Petite photo devant les bureaux du Department of Conversation de Te Anau, avant de contourner le lac de Te Anau.

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Une heure plus tard, après avoir longer les rives du lac, nous arrivons de l’autre côté du lac, point de départ de la randonnée. Dernière vue sur le lac et les montagnes aux somments enneignés, avant de commencer l’ascension.

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C’est à ce moment que les filles décident de faire une pause afin d’y manger quelque chose. Ayant pris mon petit-déjeuner 2 heures auparavant, et surtout n’aimant pas manger quelque chose juste avant un effort physique, je décide de continuer en solitaire. Un panneau indique 5 heures de marche avant d’arriver à la hute du jour (Luxmore Hut), mais une inscription en tout petit attire mon attention : ce temps peut être divisé par deux en cas de bonnes conditions météorologiques et d’une bonne condition physique. Détail intéressé pour moi qui aime bien me comparer aux différents timings, histoire de pouvoir plannifer mes prochaines journées de marche en fonction du temps indiqué. Pouvoir dormir une ou deux heures de plus que les autres, surtout dans la hute est vide, je ne suis jamais contre…

Pendant deux heures, je marche dans une forêt luxuriante et verdoyante, où la mousse a pratiquement tout recouvert.

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La dernière partie devient plus rockailleuse, avant de commencer à sentir un vent, un fort vent. La température baisse aussi. Mais pas moyen de voir plus loin que quelques dizaines de mètres, la forêt étant trop dense.

Puis à un moment donné, j’aperçois la lisière de la forêt. Me réjouissant de pouvoir faire quelques photos, je me ravise rapidement. Un fort vent tempétueux souffle dès les premiers mètres après avoir quitter la forêt, et accompagné de neige ! Difficile à y croire, mais en à peine deux heures, après avoir gravis plus de 900 mètres, le neige est là, en train de tomber. D’un coup ma motivation à prendre quelques photos disparaît, me dépêchant même à rejoindre la hute, tellement la neige et le fort me refroidissent. Un panneau indique Luxmore Hut 45 min…un trajet que je ferai en 20 min seulement.

Arrivé la hute, je profite pour faire une rapide photo, histoire d’immortaliser ces conditions extrêmes, avant d’enlever la neige sur mon lac et d’aller me mettre au chaud.

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Une heure plus tard, la neige s’arrête de tomber, et les filles arrivent. Après discussion avec elles, elles n’ont pas vu tombé un flocon ! Et puis le ciel se dégage, j’en profite donc pour faire quelques photos d’une vue imprenable sur le lac de Te Anau et les montagnes avoisinantes.

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Le soir venu, je rencontre Elisabeth, une Autrichienne que j’avais aussi aperçue dans l’auberge de jeunesse un jour auparavant. La soirée qui s’en suivera sera excellente, les filles passant leur temps, entre autres, à faire des photos.

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Nous avons même eu le droit à quelques airs de musique irlandaise, jouée par Cristina. Un grand moment, c’est certain !

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Et comme si les filles n’avaient pas pris assez de photos, nous avons eu le droit à une nouvelle série, à quelques secondes seulement avant de s’endormir (ou pas), habillés chaudement (la température devait être plus ou moins la même qu’à l’extérieur, soit au alentour du zéro degré), près à passer la nuit dans nos sacs de couchage respectifs.

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# Jour 2

Le lendemain, nouvelle journée et surtout nouvelle surprise…en me réveillant, je découvre un nouveau décors, sous un manteau neigeux de plusieurs centimètres de neige fraîche. A première vue, c’est une bonne surprise, des paysages magnifiques, qui me font tout de suite penser aux paysages de la Suisse.

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Mais les 15 nouveaux centimètres de neige fraîche ont confirmé l’état actuel de la randonnée : une partie de la randonnée est fermée à cause des risques d’avanches. Le tableau, mis à jour quotidiennement par le ranger, confirme cela :

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Décu, je dois renoncer à poursuivre ma randonnée, qui s’annoncait belle, sous un magnifique manteau neigeux.

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La neige est même présente dans la forêt, ce qui change totalement les paysages du jour précédent. A mi-chemin entre la hute et le lac, la neige disparaît et je finis ma randonnée deçu. Deçu de n’avoir pas pu continuer, mais aussi et surtout déçu par le comportement du DOC ! J’y reviendrai en conclusion…

Avant donner mon sentiment, j’aimerais remercier les filles, Saara, Cristina et Elizabeth pour l’excellente soirée passée dans la hute. Un grand moment, inoubliable !

Comme je l’indiquais aupréalable, après réflexion, j’ai été déçu par le comportement du DOC. Je m’explique : depuis le début de la saison (fin octobre), la randonnée dans sa totalité n’était pas réalisable, dus aux risques d’avalanches. Et cette fois-ci, pas d’hélicoptères, la partie dangereux étant simplement fermée. Avant le début de la randonnée, le DOC m’avait prévenu, mais d’une manière très commerciales. Ils prétendaient qu’il y avait plus de 90% de chance que la randonnée soit ouverte si les conditions météorologiques s’amélioraient. Alors au réveil, en voyant les 15 nouveaux centimètres de neige fraîches, j’ai tout de suite réalisé que la partie dangereuse sera toujours fermée et qu’il faudrait faire demi-tour.

Sur le principe, la façon dont le DOC gère la sitation peut paraître la bonne façon. Peut-être, ou peut-être pas. En réalité, le DOC mentait dans ce cas, tout simplement. J’en suis convaincu, et je ne suis pas le seul. D’autres randonneurs expérimentés, avec qui j’ai discuté, sont du même avis que moi. La partie dangeureuse comportait en réalité entre 2 et 3 mètres de neige, de quoi faire partir de jolies avalanches, c’est certain. Alors il est simplement irréaliste de penser que la neige peut disparaître en une journée, sous prétexe de bonnes conditions météorologiques. Mais le DOC a beau être un département du gouvernement néo-zélandais, c’est un département qui rapporte beacoup, beaucoup d’argent ! Il faut savoir que chaque nuit passée sur ce genre de randonnée coute 45 NZD (soit environ 20 Euro) . Et comme il est souvent interdit de camper, il est obligatoire de passer la nuit dans les hutes.
Alors le DOC est prêt à tout (ou presque) pour vendre ses nuits dans les hutes. Dans ce cas, plutôt que de dire la vérité, soit que la partie fermée se sera pas ouverte avant plusieurs jours, voir semaines, ils vous disent le contraire, et vous affirement qu’il y a une grande chance pour que la randonnée soit ouverte. Et biensûr, peu importe les prévisions, le discours est le même chaque jour !
La raison est simple à comprendre : si le DOC dirait la vérité, personne (moi y compris) ne passera la nuit dans la première hute, sachant pertinemment qu’il n’est pas possible de faire la randonnée dans son intégralité. Car il est tout à fait possible de faire l’aller-retour dans la même journée, en partant suffisamment tôt le matin !

Tenir un blog de voyage, comme le mien, c’est aussi avoir un esprit critique sur ce que je peux voir, vivre ou découvrir. Et cette randonnée m’a permis de découvrir, que même (surtout) en Nouvelle-Zélande, le business lié au tourisme est immense. Il y a 4 ans, c’est certain, je n’avais pas ce esprit critique. Un esprit critique que j’ai beaucoup développé au cours de ce tour du monde, jusqu’à devenir un voyageur et non plus un touriste. Et c’est très bien comme ca !

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No Responses

  1. 1
    Jeuyl 

    Pour l’esprit critique, hip hip hip hourra! Malheureusement, la plupart des belles choses sont exploitées à des fins commerciales… Parfois ça gâche même le plaisir du voyageur et la beauté du site. Enfin, au moins en Nouvelle-Zélande, les paysages restent grandioses! Petit détail, c’est ton sac de 20 kilos que tu portes sur les photos?!

  2. 2
    sid 

    @ Jeuyl : en écrivant la fin de ce post, j’ai eu une pensée à ton sujet, et je m’attendais à ce genre de commentaire, surtout venant d’une journaliste 🙂
    Oui c’est bien mon sac à dos. Le poids varie en fonction du type de randonnée et de la nourriture dont j’ai besoin. Mais le poids varie toujours entr 15 et 20 kg au départ.
    Quand il fait froid, je prends plus de nourriture, mais je bois moins. Quand il fait chaud, très chaud (un post arrive tout bientôt sur le sujet), je bois beaucoup, genre 5 à 6 litres par jour de randonnée. Et dans ce cas, mon camelbak est toujours plein, avec une bouteille de réserve. Ce qui fait juste 4 kg pour l’eau…sans compter la nourriture, et tout le reste dont j’ai besoin.
    Alors oui, c’est lourd, mais c’est le prix à payer si tu veux partir en randonnée hors des sentiers battus…

  1. […] environ 145 Euro) pour 4 jours et 3 nuits. Comme je l’indiquais déjà pour dans mon post sur Kepler Track, les Great Walks sont les randonnées qui rapportent beaucoup d’argent au gouvernement […]

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