Sunday, November 22nd, 2009 | Author:

Il était dit que je ferais une fois la plus célèbre randonnée de Nouvelle-Zélande. En 2005 déjà, j’aurais aimé la faire, mais faute de temps, je n’avais pas pu. Alors je m’étais promis de revenir un jour. En août dernier, j’ai finalement réservé Milford Track. Il faut savoir qu’en haute saison, chaque année, cette randonnée fait le plein. Il est donc nécessaire de la réserver entre 4 et 6 mois en avance.

Milford Track fait partit des Great Walks de Nouvelle-Zélande. En quelques sortes, les randonnées les plus populaires du pays. Qui dit populaire, qui argent, c’est, malheureusement souvent le cas de nos jours. Tout compris, cette randonnée coûte dans les 300 NZD (soit environ 145 Euro) pour 4 jours et 3 nuits. Comme je l’indiquais déjà pour dans mon post sur Kepler Track, les Great Walks sont les randonnées qui rapportent beaucoup d’argent au gouvernement néo-zélandais. Comptez 45 NZD (20 Euro) par nuit et un plus de 80 NZD (35 Euro) pour les transports (bus et bateau) à l’aller et au retour.

# Jour 1

Départ depuis les bureaux du DOC (Department of Conservation) de Te Anau, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Zélande. Une vingtaine de minutes de bus pour ensuite embarquer à bord d’un bateau pour une croisière sur le lac de Te Anau d’une heure et demie. Temps couvert, mais pas de pluie….

Comme à mon habitude, petite photo pour immortaliser le début de cette randonnée. Le panneau indique 1h30 pour rejoindre la première hute, Clinton Hut. Je m’étonne, mais après vérification dans la brochure descriptive je m’aperçois que la hute du jour est belle et bien à seulement 5 kilomètres.

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En un plus que 45 minutes, j’arrive à la hute, après avoir longer la rivière Clinton. Je regarde ma montre, et il n’est qu’une heure de l’après-midi. Les journées étant longues (la nuit tombe vers les neuf heures), je me demande ce que je pourrais bien faire durant tout ce temps. Rapide coup d’oeil aux prévisions météorologiques pour le lendemain pour m’apercevoir que la pluie sera au rendez-vous. Alors je décide de faire la randonnée du lendemain (jour 2), c’est-à-dire les 16.5 km le premier jour (retour non-compris).

Le soir venu, après avoir diner, je suis le premier des 40 personnes à aller dormir. Au total, j’aurais fait presque 30 kilomètres le premier jour. J’ai même le droit à deux cloques, ayant un peu trop forcé…

# Jour 2

Dans la brochure, il est indiqué il faut compter au moins un jour de pluie. Alors au réveil, comme prévu, il pleut fort, comme durant toute la nuit. La série de photos ci-dessous ont été prises le premier jour.

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Avant cette journée, j’avais de la peine à croire que de fortes pluies peuvent changer le décors et le parcours. Après seulement quelques minutes de marche, mon sentiment a radicalement changé. Un exemple ? Ci-dessous, la même chute d’eau, respectivement jour 1 et jour 2.

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Et quelques centaines de mètres plus loin, des ponts et des chemins totalement inondés.

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Autant dire que le soir venu, contrairement à la première journée où mes chaussures étaient sèches, le seul fourneau à bois de la hute a été pris d’assaut, chacun espérant pouvoir sécher un peu ses chaussures.

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A la tombée de la nuit, j’ai même la chance d’apercevoir un oiseau qu’on ne trouve qu’en Nouvelle-Zélande : son nom, Kéa. De la famille des perroquets, c’est le seul perroquet de montagne du monde. Il ressemblerait presque à un aigle…

Sa particularité : il est très intelligent et à un comportement très particulier. Il est capable d’ouvrir des sacs fermés, de détruire des chaussures, voir même d’abîmer des voitures. Il est fortement recommandé de ne rien laisser dehors durant la nuit.

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# Jour 3

Au réveil, toujours autant de pluie, malheureusement. Les prévisions annoncent de fortes pluie jusqu’en milieu de journée, puis des améliorations pour l’après-midi. En me basant sur ces informations, je décide partir plus tard que d’habitude, au alentour des 10 heures, en espérant pouvoir faire une partie de la randonnée sans pluie. Car cette journée est clairement la plus difficile de toutes, de part le dénivelé et surtout les mauvaises conditions météorologiques.

Pour l’anecdote, mes chaussaures étant presque sèches, mais savant pertinemment qu’elles ne le seront plus à cause des chemins détrempés, je décide de faire la marche en sandales fermées plutôt qu’avec mes chaussures.

En un peu moins d’une heure (alors qu’il était indiqué deux), j’arrive au Mackinnon Memorial. A peine le temps de prendre une photo que je repars en direction d’un refuge citué à une vingtaine de minutes de là. Avec des conditions pareilles (fort vent, fortes pluies et une température proche du zéro), autant dire que s’arrête plus qu’une ou deux minutes lorsque vous êtes totalement trempés, c’est être assuré de tomber malade.

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C’est malheureusement une des seules rares photos que j’ai fait, le brouillard ne permettant pas de voir à plus de quelques mètres seulement. Et surtout, mon appareil photo n’aime pas les fortes pluies, tout comme moi.

Par beau temps, voici ce que cela donne :

Mackinnon Peu importe, on ne choisit pas la météo, surtout lorsqu’il faut la connaître plusieurs mois en avance.

Arrivé au refuge, je profites de faire une petite pause, histoire de me réchauffer (mais peut-on vraiment se réchauffer lorsqu’on est totalement mouillé) avec un thé chaud. Puis je repars afin de faire la partie la plus difficile de la journée : une longue descente de 8 kilomètres avec un dénivelé de 970 mètres, et un chemin qui ressemble plus à une rivière.

Le seul avantage de ce genre de temps, c’est la beauté des chutes d’eau, avec un débit incroyable.

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Une fois arrivé en bas, la pluie s’arrête de tomber (enfin !). Je profite pour resortir mon appareil photo et visiter l’attraction principale de Milford Track : les chutes d’eau de Sutherland. D’une hauteur de 580 mètres, c’est parmi les plus hautes chutes d’eau du monde. Et autant dire, c’est très impréssionant, surtout lorsqu’on se trouve au bas. C’est la douche assuré avec un fort vent créé par l’eau qui tombe. Et pour qui n’ont pas peur, je vous recommande de passer dernière la chute ! Mais prévoir un sac 100 % étanche, et pas simplement la fourre de votre appreil photo comme certain…

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A l’heure du repas, en train de manger ma grosse portion de spaghettis bolo, j’entends une demande d’aide d’une des personnes effectuant la randonnée avec moi. Ayant eu le temps de me reposer, car arrivé en premier à la hute, je me portes volontaire.
Vingt minutes plus tard, en refaisant la randonnée en sens-inverse, je découvre une femme au sol entourée de quelques autres randonneurs, la cheville cassée (c’était vraiment pas beau à voir). Etant en pleine forêt, le seul moyen de secours est par les airs, à l’aide d’un helicoptère. Une longue attente commence jusqu’à l’arrivée des secours, où un medecin est hélitroyé. Injection d’une dose de morphine afin de pouvoir déplacer la femme sur une civière, puis la transporter par hélicoptère. Je vous laisse imaginer le moment où il a fallu serrer la sangle de la civière sur la cheville cassée…
Finalement après plus de 3 heures, la femme disparaît dans le ciel, ce qui me permet de découvrir un magnifique ciel orangé à travers la forêt.

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# Jour 4

Contrairement aux journées précédentes, le beau temps est au rendez-vous lors de la quatrième et dernière journée. Et là, les photos sont beaucoup plus jolies. Admirez plutôt :

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18 kilomètres après (soit 4 bonnes heures de marche), j’arrive à la fin de la randonnée, ou presque. La dernière partie consistant en une croisière d’une vingtaine de minutes sur Milford Sound, sous un ciel bleu.

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Au final, Milford Track est une randonnée assez facile, traversant de (très, si la météo est bonne) jolis paysages. C’est surement pour cela qu’elle est tellement populaire. Mais c’est certainement pas la randonnée la plus belle du monde comme on peut le lire sur beaucoup de bus et de brochures en Nouvelle-Zélande.

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3 Responses

  1. 1
    Dave Sturdevant 

    We were on the Millford Treck in november 2009 and Mary fell and broke her leg.
    Is this Yarn.???
    I was talking to you when the accident happened….English would help me….

  2. 2
    sid 

    @ Dave : what’s a big surprise to see you on my blog 🙂 Of course I remember you. Thanks for your comment, let’s talk by email.

  1. […] n’importe quoi (une cheville cassée par exemple, ca me rappelerait presque une mésaventure sur Milford Track), vous avez le temps de voir mourrir […]

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