Wednesday, December 02nd, 2009 | Author:

Après trois semaines de randonnées en Nouvelle-Zélande, me voilà de retourner en Australie, mon prochain vol intercontinental partant justement de Sydney. Mais avant cela, il me restait suffisamment de temps pour faire encore…une randonnée ! Mais cette fois-ci, j’ai voulu faire une randonnée d’un autre type : cotière, c’est-à-dire marcher le long d’un océan. Et là, les choix en Australie sont nombreux. N’ayant qu’une semaine à disposition, mon premier choix s’est porté vers un retour à Melbourne, afin d’y faire le Great Ocean Track, une randonnée le long de la Great Ocean Road. Mais le prix de la randonnée était hors budget, 22 AUD (environ 20 CHF) par nuit en camping ! Et comme, je l’avais déjà vu les principales attractions, j’ai choisis une autre destination. Ma décision s’est finalement portée vers Brisbane…

Brisbane, une ville que j’avais déjà visité par le passé, lors de mon premier voyage sur cette même côte est. Alors pourquoi y retourner ? J’ai eu une opportunité de revoir Kate, une Australienne récemment rencontrée sur la fabuleuse randonnée de l’Overland Track, en Tasmanie. Et comme elle m’a invité quelques jours, je n’ai pas pu refusé sa généreuse invitation.

Au programme, quelques jours avec sa famille, puis une première randonnée à la frontière entre les états du Queenland et de la Nouvelle Galles du Sud, appelé justement Border Track. Et pour changer de mes marches en solitaire, cette fois-ci, toute sa famille y était présente : son mari Neal, ses deux enfants (1 an et demi, et 3 ans) ainsi que sa soeur. Et dans ces circonstances, les 21 km du Border Track n’était, bien entendu, pas possible. La randonnée s’est donc réduite en une partie seulement, une dizaine de kilomètres, suffisant lorsque des enfants en bas âge sont présents.

La randonnée fût très intéressante, Kate et son mari, tout deux passionnés par la nature, connaissent pratiquement tout sur la faune et la flore locales. Cela me rappelerait presque une randonnée en Birmanie, avec un guide hors du common.
J’ai même eu le droit de ressembler à un pirate, en donnant à manger à des perruches avec ses enfants. Un grand moment !

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# Jour 1

Après cette journée familiale, je suis repartit en solitaire, sur l’île de Moreton, à une heure et demi du port de Brisbane. Et autant dire, s’y rendre par soi-même, c’est pas une mince affaire.

Premièrement, obtenir des informations. J’ai cru qu’en allant voir le centre d’information au coeur de Brisbane, je pourrais trouver ce que je voulais (ferry, camping, cartes, sentiers de randonnées, …). Je me suis totalement trompé. A part des brochures pour des tours à 300 AUD pour trois jours, j’ai rien trouvé. J’ai donc finalement cherché sur internet, en trouvant comment réserver mes nuits en camping, ainsi le nom d’une compagnie (MiCat) assurant la liaison avec l’île en ferry.

Deuxièment, le jour de mon départ, je me suis rendu compte qu’il n’y pas de transport publique pour aller jusqu’au port de Brisbane, le port étant un port de frêt, et uniquement de frêt. J’ai donc du prendre un taxi pour faire les 5 derniers kilomètres, après avoir voyagé en train jusqu’à la station la plus proche du port.

Finalement, après une heure et demie de ferry, je débarque sur l’île. Malheureusement, la météo est mauvaise, la pluie est rendez-vous, depuis mon départ de Brisbane.

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La pluie s’arrête quelques instants, je profite donc pour plantr ma tente, tout en cas essayer. La pluie se remettant à tomber, après quelques dizaines de minutes à mettre battre avec un manuel mal foutu, mouillé, donc au final pratiquement illisible, j’abandonne pour aller me mettre à l’habrit en attendant que la pluie passe. Mais plus d’une heure après, il pleut toujours autant, avec même de la grêle par moment (selon un local qui vit sur l’île depuis 14 ans, il n’a jamais vu de la grêle…). Je prends mon mal en patience, mais ma patience à des limites, surtout quand la nuit commence à tomber, que j’ai un manuel illisible et que j’ai jamais monté ma tente auparavant (oui oui, je sais, c’est ma faute, mais qui le fait avant ? Personne !).

Finalement, je réussis à monter ma tente juste avant le couché du soleil. Un couché du soleil somptueux, comme pour me récompenser de ma patience…

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# Jour 2

Le lendemain matin, avant de commencer ma première journée de marche direction le nord-est de l’île, je profite de longer la côte ouest en direction du sud. De superbes plages comme j’en avais vu par le passé, avec en prime quelques habitants inabituels, dont quelques dophins (mais nageant beaucoup trop vite pour prendre de jolies photos).

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Après une heure, je me décide à partir pour rejoindre mon camping du jour, à l’opposé de l’île. Je commence d’abord par longer la côte vers le nord sur quelques kilomètres avant de suivre la route qui traverse l’île d’ouest en est.

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Et je réalise que c’est moins facile que ce que je pensais. Il faut savoir que l’île de Moreton totalement recouverte par le sable et une forêt assez dense. C’est pour cela qu’on y trouve seulement des 4×4 et rien d’autres. Il est impossible de circuler sans ce genre de véhicules. Mais je ne me décourage pas pour autant, autant qu’une dizaine de kilomètres m’attendent.

Je pensais aussi trouver quelques chemins pour randonnée, mais en réalité, il y en a que deux, au centre de l’île. Le reste, c’est des routes de sable, empreintées par les 4×4. Alors n’ayant pas le choix, je traverse l’île sur la route, en laissant passés les quelques 4×4, qui me regarde bizarrement (j’y reviendrai…).
Juste avant d’arriver sur la côte est, après quelques heures de marche, je me rends au départ d’une des deux randonnées (Telegraph Track), où il est possible de monter sur le sommet de l’île, culminant à presque 300 mètres d’altitude. Suffisant pour avoir une vue d’ensemble de l’île.

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En redesendant, je commence vraiment à réaliser que faire de la randonnée sur cette île n’est peut-être (surement) pas adapté. Les kilomètres de marche dans le sable, la chaleur qui commence à se faire vraiment sentir (il doit faire dans les 35°C) et sous un soleil de plomb ne sont, vraiment, pas propice à la randonnée. Et c’est pas tout, l’île étant truffée de serpents (et qui sont biensûr parmis les plus dangereux de la planète), il faut éviter de marcher en dehors des plages ou routes. Tous les 100 mètres, vous pouvez entendre, et de temps en temps voir, dans les busquets un serpent qui s’éloigne. Mais à aucun moment (ou pas), j’ai imaginé qu’il pouvait m’arriver quelque chose, qui plus est, en solitaire. Et pour vous dire franchement, à part quelques 4×4 sur la route qui traverse l’île, je n’ai vu personne.
Après plus trois heures de marche, je vois, enfin, la sortie de la route donnant sur la plage de la côte est.

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J’en profite pour me reposer un peu, et par la même occasion faire le point de la situation. Je suis toujours vivant, c’est déjà ça. Mais je me rends compte que j’ai plus d’eau, mon réservoir de 3 litres étant vide ! Et biensûr, comme l’île n’est pas prévue pour faire de la randonnée, il n’y a que de rares points d’eau installés, en dehors des places de camping repartis sur l’île. Et le premier camping est justement ma destination du jour, à encore 7 kilomètres au nord. Mais dans mon malheur, je finis par trouver des toilettes avec un robinet et de l’eau…mais non potable, bien entendu (les différents points d’eau étant alimentés par d’immenses réservoirs d’eau de pluie) ! Et là, je me dis, comme j’ai bien fait d’acheter un filtre à eau ! Imaginez-vous de devoir attendre une heure si vous n’aviez que des pastilles de purification…ben croyez-moi, vous avez le temps de saliver devant votre bouteille d’eau par 35°C avant de pouvoir la boire !

Courte pause, puis je repars afin de rejoindre le terrain de camping, au bord d’un lagoon. Mais il reste 7 kilomètres…sous un soleil de plomb ! Même si l’effort est moindre (le sable étant plus ferme à cause de l’océan), sur ces plages à perte de vue, il est difficile de croire qu’on avance vraiment…

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Finalement, en fin d’après-midi, j’arrive à destination, fatigué, crevé, vidé, mais content d’avoir réussi à rejoindre mon but du jour. Le bilan de la journée est assez exceptionnel : plus de 6 litres d’eau, 8 heures de marche et 20 kilomètres de marche dans le sable, ce qui équivaut au double (soit environ 40 km) sur un chemin normal. En y repensant, je ne suis vraiment pas sûr de pouvoir le faire à nouveau si je devais le faire.

Après avoir planté ma tente, je trouve encore un peu d’énergie pour me rendre au lagoon (Blue Lagoon). Et biensûr, je profite du seul plan d’eau fraîche de l’île pour me relaxer un peu dans celui-ci.

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Je n’aurais eu besoin que de 10 minutes pour m’endormir le soir venu, étonnant, non ?

# Jour 3

Mon ferry retour étant dans l’après-midi, je me réveille vers les 5 heures du matin, afin de pouvoir partir une heure plus tard. Au programme de la journée : retour sur la côte ouest (la même que le premier jour), en retraversant l’île d’est en ouest, via une route différente (beaucoup plus au nord).

En partant, une nouvelle surprise m’attend : la marée. Je découvre qu’il n’est pas possible de marcher, par endroit, sur la plage, l’eau ne s’étant pas encore retirée. Je dois donc marcher sur les hauteurs, où à chaque pas, je m’enfonds dans le sable. Une demi-heure, à lutter contre vent (et marrée), un vent de face pour compliqué encore un peu plus ce début de journée.

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Finalement, j’arrive à rejoindre la route centrale, où un panneau indique Bulwer 13km, Bulwer étant ma destination. Treize longs kilomètres, où je n’ai vu aucun 4×4, mais beaucoup de serpents (encore eux).
Quelques heures plus tard, j’arrive dans ce petit village, comportant quelques maisons de vacances. Je regarde ma montre, il est 10h30. Je dirais même seulement 10h30. Il m’aura fallu 4 heures pour effectuer ces 13 kilomètres dans le sable.

Au village, je trouve un petit magasin ouvert, où je m’offre un bon Coca-Cola frais et une glace en guise de récompense. Et puis, je réalise que mon ferry est dans 5 heures ! Moi qui mettait lever tôt pour justement être sûr de ne pas louper mon ferry…

Peu importe, je profite de mon temps pour aller sur la plage. Une plage desertique, rien que pour moi sur des kilomètres, comme si j’en avais besoin.

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En regardant vers l’océan, un océan d’une eau bleue-turquoise sous un ciel bleu, je réalise enfin la performance que je viens d’effectuer en 2 jours. Rejoindre le nord de l’île, d’est en ouest, puis d’ouest en est.

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Une fois de retour au port, je trouve un bus pouvant me déposer au centre de Brisbane pour 10 AUD. Alors je saute sur l’occasion, ainsi qu’une Japonaise et sa mère. En discutant avec elles dans le bus, je leur raconte mon voyage autour du monde. Et comme quoi le hasard fait parfois bien les choses, la Japonaise en question a justement quitté son travail au Japon pour … voyager ! Cela me rappelerait presque quelqu’un, non ? Et le plus drôle, c’est que le sentiment de sa mère me rappelerait aussi une personne, une personne, qui après quelques mois, a changé d’avis sur ce voyage autour du monde. Et pour mon plus grand plaisir…Alors plus que convaincu par mon choix en fin d’année passée, j’ai peut-être réussi à persuader une nouvelle personne de faire le grand saut !

Pour finir, une anecdote amusante : le chauffeur du bus en question était en fait un guide, travaillant justement pour un des tours opérateurs dont j’avais trouvé la brochure au centre d’information. Alors lorsqu’il m’a entendu raconter mon séjour sur l’île aux Japonaises, il m’a traité de fou, voir même d’irresponsable. Faire le tour de l’île, à pied et en solitaire, c’est être inconsient d’après lui, tout spécialement à cause des serpents. Sur ce point, peut-être, mais avant de partir, je ne savais pas qu’il y en avait autant. Pour le reste, je ne suis pas de son avis. Comment peut-il me juger sans me connaître ? Le plus drôle dans l’histoire, c’est qu’après lui avoir expliqué que j’en étais pas à ma première randonnée, et surtout bien équipé, il a changé, un peu, d’avis…

Avant de quitter demain, Brisbane pour Sydney, j’aimerais donc tout spécialement remercier Kate pour son énorme gentillesse, ainsi que toute sa famille (Neal et ses deux enfants). J’ai passé un incroyable séjour à Brisbane, vivant quelques jours au coeur de cette famille australienne ! Même si elle comprend un peu le français, j’aimerais finir en anglais, sachant qu’elle lit mon blog :

Thank you so much Kate, I have spent a wonderful time with you and your family.
I wish to you and your family all the best, and I hope I can receive you in Switzerland or somewhere !

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No Responses

  1. 1
    Sed 

    Superbes les photos!
    Comme j’ai envie de prendre un vol et partir je sais pas où en voyant ca!

    On a même pas vu un petit serpent en photo? 🙁 snif…
    En tout cas t’es complètement ravagé! mais je t’admire…

    Profite bien, et connect toi sur Skype de temps en temps je t’y vois jamais!

    Bec

    Fréro

  2. 2
    sid 

    @ Sed : ben à chaque fois que je croise un serpent, j’avais qu’une seule envie, continuer mon chemin, surtout quand tu sais qu’ils sont très dangereux. Ca m’aurait fait une belle jambe de me faire mordre et de pas pouvoir trouver de secours…j’aime l’aventure, mais je ne suis pas fou non plus…pas encore en tout cas 🙂
    Skype, j’y suis pas souvent…peut-être un jour hehe

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