Saturday, December 19th, 2009 | Author:

Après ma série de randonnée en Asie et surtout en Océanie, s’il y a bien une raison pour laquelle je suis venu en Amérique du Sud, c’est toujours et encore pour les randonnées ! Qui n’a jamais entendu parlé de la Patagonie ? Une immense région tout au sud de l’Amérique du Sud, répartie entre l’Argentine et le Chili. Au programme, plusieurs randonnées durant un mois (voir plus), avec comme première, une randonnée de 5 jours et 4 nuits en plein coeur du parc national Nahuel Huapi en Argentine.

Après deux jours à Valpariso (ou Valpo pour les intimes) entre habitations colorées et voyous (même la police est venue m’avertir qu’il fallait faire attention…), je me suis finalement rendu à Puerto Montt au sud de Santiago puis dans un deuxième temps à Bariloche en Argentine. Bariloche, une des dernières grandes villes (si ce n’est la dernière) avant de continuer ma route vers le sud. Saviez-vous que la Suisse possède une colonie ? Bariloche est une véritable reproduction de la Suisse en plein coeur de la Patagonie : montagnes, lacs, forêts de sapin, stations de ski, chalets en bois (avec des noms comme Gstaad), fondue, chocolateries dans tous les rues et même des Grands Saint-Bernards (vous savez, les chiens de recours) ! J’ai même vu des auto-collants pour la fameuse coupe de monde de ski à Crans-Montana, en 1987 ! Et s’il vous fallait encore un exemple, on appelle cette ville La Suisse argentine, tout simplement !
Alors j’ai bien-entendu voulu savoir pourquoi…la réponse se trouvant dans mon guide de voyage. Bariloche a été fondé par un Suisse apparemment. C’est aussi simple que cela !

Revenons sur la randonnée qui m’attendait, mais avant de commencer, j’aimerais signaler que j’ai retrouvé mon ex-collègue, Jean-Baptiste (JB pour les intimes), (de nouveau) motivé par faire de randonnées. Cela tombe bien, moi aussi ! Selon le tout récent guide Trekking in the Patagonian Andes de chez Lonely Planet (que je recommande au passage), la difficulté de cette randonnée est notée moderate-demanding. Selon l’auteur, cela correspond à :

  • Moderate : a walk with challenging terrain, often involving longer distances and steep climbs.
  • Demanding : a walk with long daily distances and difficult terrain with significant elevation changes; may involve challenging route route-finding and high-altitude or glacier travel.

Pour ceux qui ne comprennent rien à l’anglais, cela signifie des chemins difficiles, avec des longues distances et du dénivelé. Et durant le mois de décembre, la neige peut encore être présente, rendant certaines parties de la randonnée encore plus difficiles…

# Jour 1

Arrivé à Villa Catedral (la station de ski la plus populaire d’Argentine, voir d’Amérique du Sud), deux choix sont possibles pour rejoindre le premier refuge (Refugio Frey) : soit on effectue l’ascension à pied, mais on manque les paysages depuis les sommets, le refuge ne se trouvant pas sur les hauteurs, mais en contre bas ou alors on effectue la montée en télésiège pour ensuite suivre la crête de la montagne et rescendre sur le refuge.

Pensant que cela sera plus simple, surtout avec nos sacs de plus de 20 kg, nous choisissons de prendre le télésiège. A l’arrivée, je découvre les dernières plaques de neige, où certains jeunes Argentins découvrent pour la première fois la neige en jouant avec des boules de neige.

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Pendant plus de deux heures, nous longeons la crête (Cordon Catedral), à 2’000 mètres d’altitude, avec presque autant de vide sous nos pieds. Autant dire qu’avec le poids de nos sacs, la stabilité est loin d’être parfaite, surtout quand quelques plaques de neige sont sur le chemin.

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Arrivé au croissement entre le chemin du premier jour et celui du second (Cancha de Futbol), je pensais être déjà (presque) arrivé. Mais pas du tout. En voyant la descente, je réalise que cela va être difficile : des pentes raides et surtout de la neige partout (certaine partie avec un mètre de profond), avec en prime un petit lac enneigné à contourner…ou pas.

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Mes chaussures de marche étant arrivées en fin de vie en quittant l’Australie, j’ai profité de mon passage à Santiago pour en acheter des nouvelles, de fabrication suisse (Mammut) pour mon plus grand plaisir, mais aussi étonnement. En effet, c’était la première fois que je voyais des chaussures Mammut. En y regardant de plus près, c’est une autre marque suisse mondialement connue qui les fabriquent pour Mammut : Raichle. Et le slogant de Mammut est clair : Outside Mammut – Inside Raichle (apparemment Raichle s’est fait racheter par Mammut…)
Mais c’est pas le cas pour tout le monde. JB ayant des chaussures plus vraiment (voir plus du tout) étenches, il a bien galéré. Et je ne parle même pas de sa chute qui lui a couté son pantalon. Autant dire qu’arrivé au refuge, il pensait déjà à sa carte de crédit qui allait devoir fumer une fois encore : nouvelles paires de chaussures et nouveau pantalon de randonnée. Il était prévenu, les randonnées en Patagonie, c’est pas les ballades du dimanche après-midi !

# Jour 2

En me réveillant, je découvre un JB sur le point de renoncer à la suite, un peu malade. Et surtout après une première journée difficile, ses chassures sont toujours autant mouillées.
Finalement, il choisit de tenter le coup, sachant que la randonnée sera plus courte que prévue, la partie depuis le refuge San Martin (ou Jakob) jusqu’au refuge suivant, Italia (soit normalement la 3ème journée) étant fermée (pour information, cette partie est reservée, selon les dires du Lonely Planet, aux randonneurs très expérimentés et équipés de crampons / piolet). Pas étonnant donc que ce sentier soit fermé, surtout en ce début de saison !

Retour sur nos pas, avec cette fois, la montée jusqu’à Cancha de Futbol. Le météo étant meilleure que le jour précédent, j’en profite pour faire quelques photos de cet endroit magnifique.

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Le beau temps n’étant que rarement au rendez-vous en Patagonie, c’est aussi une occasion de faire une petite photo de moi, qui j’aime tout particulièrement. Admirez plutôt le style :

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Regardez bien le nuage qui passe dernière mois…il y a un petit air de Dragon Ball, n’est-ce pas ? Mais rassurez-vous, mon sac à dos n’est jamais bien loin.

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Après la séance photo, j’effectue l’acension, bien entendu dans la neige, avec un final ressemblant à de la grimpe. Au sommet, j’ai le droit à une vue imprenable sur toute la région, avec en prime un ciel bleu.

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La descente qui s’en suivera sera l’une des plus dangeureuse que j’ai faite durant mes nombreuses randonnées. Plus d’une heure et demie à rider (ou glisser) de rochés en rochés sur des pentes très très raides. Un moment d’inattention et c’est la chute assurée, plus de 300 mètres plus bas.
Pour vous donnez une idée, voici à quoi cela ressemble de près :

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Oui oui, vous ne revez pas, le chemin pour descendre est exactement celui que vous voyez sur cette photo ci-dessus !

Pas sûr que je le referrais, tant ce passage est dangereux. En bas, petite pause pour nous remettre de nos efforts et émotions respectifs. Pensant que la suite serait plus facile, je me suis, de nouveau, trompé. Mais alors complétement ! Une deuxième ascension, encore plus raide et longue nous attendait, toujours dans autant de neige. Seule ma motivation a en finir avec cette journée m’a permis d’arriver au sommet, dans un état de fatigue extrême.
Au sommet, je découvre une nouvelle vue sur la vallée que je venais de traverser.

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Quelques mètres plus loin, pensant vraiment que je suis arrivé (je ne sais pas pourquoi, mais à chaque nouvelle étape franchie, j’espèrais être arrivé…), je découvre le final, avec une vue sur le refuge :

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N’en croyant pas mes yeux, je vois le refuge du jour (Jakob). Mais au moins 500 mètres en contre bas !!! Et surtout le chemin pour y accéder est du même style que le descente précédente : très très raide et plein de rochés. Je mettais dit que je ne ferais plus ce genre de descente…mais ai-je le choix ? Certainement pas ! Après plus d’une heure, j’arrive sain et sauf au refuge, mais dans quel état physique. Mais nous l’avons fait ! Et c’est ça qui compte !

Au final, cette journée de plus de 7 heures de marche restera dans les anales comme l’une des plus difficiles que j’ai jamais faite. Grimper dans la neige, sans raquettes, avec des sacs à dos d’environ 20 kg, et rescendre des pentes en glissant de rochés en rochés, c’est une expérience unique, pour autant que vous arrivez sain et sauf. Et heureusement, c’était mon cas !

# Jour 3

Au réveil, la première chose que j’entends, c’est JB qui se plaint, à juste titre, qui a, de nouveau, mal dormi. Et heureusement encore que la gardienne du refuge (Paula, merci à elle pour sa gentiellesse et sa disponibilité) nous a preté des couvertures pour la nuit. Comme je l’avais déjà remarqué en Tasmanie
et en Nouvelle-Zélande, nos sacs de couchage ne sont clairement pas adatpés à ces basses températures…encore un nouvel équipement à acheter.

Avant de partir, petite photo de reflet qu’offre le lac :

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La dernière journée fût tranquille. A part quelques rivières à traverser, rien de spécialement diffcile. Juste histoire de s’assurer que JB a toujours les pieds mouillés…

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Le retour s’est donc fait plus tôt que prévu, n’ayant pas le choix, la prochaine partie étant fermée. Dommage, car j’aurais vraiment bien aimé finir cette fabuleuse randonnée, physiquement très difficile, mais c’est peut-être cela que j’aime aussi…

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  1. […] randonnée dans le parc national de Nahuel Huapi en Argentine est maintenant en ligne, disponible ici. J’ai simplement gardé la date d’origine, histoire d’avoir une chronologie dans mes […]

  2. […] grand fan de randonnées. Rencontrés pour la première fois sur la randonnée du parc national de Nahuei Huapi. Puis de nouveau sur ma deuxième randonnée à Fitz Roy, et finalement ici, sur le parcours du […]

  3. […] in the Patagonian Andes (la référence dans le domaine à mon avis), cette randonnée est “moderate – demanding”, mais aussi annoncé comme l’une des plus difficiles qu’il est possible de trouver dans le […]

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